Dix-huit médias burundais, dont douze radios et six journaux imprimés, ont organisé un débat multiplex intitulé « Umunoni » sur la collecte des taxes communales. Cet événement d'envergure, visant à éclairer le public sur les enjeux de la fiscalité locale, s'est tenu le mardi 26 mai 206, dans le chef-lieu de la Commune Kayanza, située dans la province de Butanyerera. La participation de multiples organes de presse a permis une diffusion large des discussions et des informations relatives à cette thématique clé pour le développement local.
La Commune Kayanza a été sélectionnée comme commune pilote pour l'expérimentation d'une nouvelle méthode de collecte des taxes par voie électronique. Ce choix stratégique note la volonté des autorités de moderniser les processus administratifs et d'améliorer l'efficience de la perception des recettes. Ce débat s'inscrivait dans le cadre du projet « Renforcement des médias pour informer et soutenir les choix des électeurs », une initiative lancée par l'organisation La Benevolencija. Ce projet vise à autonomiser les citoyens en leur fournissant des informations fiables et pertinentes, leur permettant ainsi de prendre des décisions éclairées et de participer activement à la vie démocratique de leur pays. L'implication des médias dans ce processus est jugée essentielle pour garantir la transparence et la diffusion des connaissances.
Collecte et développement à Kayanza
Les administrateurs communaux de Kayanza sont en fonction depuis neuf mois, période durant laquelle la collecte des taxes communales a atteint un taux impressionnant de 115%. Ce chiffre témoigne d'une efficacité accrue et d'une gestion optimisée dans la mobilisation des ressources financières locales. Les efforts déployés par l'administration communale et l'adoption du nouveau système de perception ont permis de dépasser significativement les objectifs fixés pour la perception des impôts et taxes au niveau de la commune. Cette performance remarquable positionne Kayanza comme un exemple de réussite en matière de gestion fiscale locale, prouvant la viabilité et le potentiel du système électronique.
Actuellement, la commune de Kayanza génère plus de 80 millions de francs burundais (FBu) chaque mois grâce à la collecte de ces taxes. Cette somme représente une augmentation significative des revenus communaux, offrant ainsi de nouvelles opportunités pour le financement de projets de développement local. La régularité et l'ampleur de ces recettes mensuelles sont un indicateur clé de la réussite du nouveau système, permettant à la commune de disposer de fonds propres pour investir dans l'amélioration des conditions de vie de ses habitants. Cette autonomie financière est un atout majeur pour la planification et la mise en œuvre de politiques locales adaptées aux besoins spécifiques de la population.
Cette manne financière a déjà commencé à se traduire par des réalisations concrètes au bénéfice de la population, illustrant directement l'impact positif d'une collecte de taxes efficace. Parmi les initiatives notables, plus de dix collines de la commune de Kayanza ont été alimentées en eau potable, améliorant ainsi considérablement l'accès à cette ressource essentielle pour de nombreux habitants. L'approvisionnement en eau potable est un enjeu majeur pour le bien-être et la santé publique dans la région, réduisant les maladies hydriques et allégeant la charge des femmes et des enfants qui parcourent souvent de longues distances pour s'approvisionner. Ces projets contribuent directement à l'amélioration de la qualité de vie et au développement humain.
Parmi les projets envisagés ou déjà lancés, figurent la construction d'un centre de santé, ce qui permettra de renforcer les infrastructures médicales et d'offrir des services de proximité aux citoyens. L'accès aux soins de santé est une priorité absolue, et ce nouveau centre contribuera à réduire la mortalité et la morbidité dans la commune. La réhabilitation de ponts est également au programme, une initiative visant à améliorer la connectivité et la circulation des biens et des personnes au sein de la commune. Des infrastructures routières fiables sont cruciales pour le développement économique, facilitant le transport des produits agricoles vers les marchés et l'accès aux services. Ces investissements sont destinés à soutenir le développement socio-économique de Kayanza de manière durable et inclusive.
Contexte national et défis
Au niveau national, les données de collecte des recettes fiscales révèlent des chiffres variés, soulignant les disparités et les potentiels d'amélioration à travers le pays. En novembre et décembre 2025, plus de 5 milliards de francs burundais (FBu) ont été collectés à l'échelle du pays, démontrant une capacité significative de mobilisation des ressources. Un test mené sur un seul mois a même enregistré une collecte de plus de 7 milliards de FBu, soulignant un potentiel significatif de revenus fiscaux si les systèmes sont optimisés et appliqués efficacement sur l'ensemble du territoire. Ces chiffres globaux, bien qu'encourageants, masquent des réalités très différentes d'une commune à l'autre.
Malgré ces montants importants, le principal défi identifié reste l'argent non collecté, indiquant des lacunes persistantes dans le système de perception des impôts et taxes. Ces fonds non perçus représentent un manque à gagner important pour le financement des services et infrastructures publiques essentiels, affectant directement la capacité de l'État à investir dans l'éducation, la santé, les routes et d'autres secteurs vitaux. La quantification de cet argent non collecté est difficile, mais son existence est un frein majeur au développement national et à l'équité fiscale.
Les performances des différentes communes en matière de collecte varient considérablement, mettant en lumière des approches et des résultats très hétérogènes. La commune de Ntahangwa se positionne en tête des collecteurs de taxes, ayant enregistré plus de 500 millions de FBu. Ses résultats la désignent comme un modèle de réussite dans l'optimisation des recettes locales, potentiellement grâce à des stratégies de gestion efficaces ou une base fiscale plus large. Cette performance pourrait servir d'inspiration et de source de bonnes pratiques pour d'autres communes.
À l'autre extrémité du spectre, la commune de Bururi se classe dernière en termes de collecte, avec plus de 46 millions de FBu. Cet écart significatif entre les communes met en lumière les disparités existantes et la nécessité pressante d'améliorer les mécanismes de perception des impôts et taxes dans certaines régions du pays. Une analyse approfondie des facteurs contribuant à ces faibles performances, tels que la base économique locale, les capacités administratives ou la sensibilisation des contribuables, serait nécessaire pour élaborer des solutions ciblées et réduire cet écart.
Réactions et perspectives
Le conseil communal se réunit tous les six mois pour une évaluation publique, invitant les citoyens à participer activelement à ces sessions. Cette approche vise à renforcer la transparence et la redevabilité de l'administration locale envers la population, permettant aux habitants de poser des questions et d'exprimer leurs préoccupations. Des discussions y sont menées sur les progrès réalisés et les défis rencontrés dans la gestion des affaires communales. Ce dialogue ouvert est clé pour bâtir la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants, et pour s'assurer que les priorités de développement reflètent les besoins réels de la communauté.
Cependant, des machines utilisées dans la méthode de collecte des e-taxes sont sujettes à des pannes fréquentes. Ces dysfonctionnements posent des défis opérationnels pour l'application du système, entraînant des retards et des interruptions dans la collecte des revenus. Ces problèmes techniques, bien que frustrants, sont souvent inhérents à la mise en place de nouvelles technologies, en particulier dans des contextes où l'infrastructure n'est pas toujours optimale. Des solutions alternatives sont actuellement envisagées afin de garantir la continuité et l'efficacité de la collecte des revenus communaux. La recherche de ces solutions, qui pourraient inclure la diversification des équipements, la formation du personnel technique ou la mise en place de protocoles de maintenance robustes, doit permettre de minimiser les interruptions et d'assurer une meilleure fiabilité du dispositif électronique. La pérennité du système de e-taxes dépendra de la capacité à surmonter ces obstacles techniques.