Le Pnud, en collaboration avec le ministère de la Justice, des Droits Humains et du Genre, a organisé des sessions de sensibilisation sur l'égalité des genres et a présenté le Gender Seal à des institutions publiques, au secteur privé et à des organisations de la société civile au Burundi. Ces sessions de sensibilisation, qui se sont déroulées du 16 au 18 juin 2026 à Bujumbura, avaient pour objectif de renforcer la compréhension et l'engagement envers l'intégration du genre dans les politiques et pratiques institutionnelles. Jonas Mfouatie, Représentant résident adjoint du PNUD Burundi, a souligné que l'égalité des genres représente non seulement une question de justice sociale et de droits humains, mais aussi un impératif de développement. Il a insisté sur le fait qu'aucune société ne peut atteindre un développement durable en laissant de côté une partie de sa population, un message clé qui a traversé toutes les discussions.
M. Mfouatie a précisé que « Le Gender Seal ne constitue pas seulement une simple certification. Il s’agit avant tout d’un processus de transformation institutionnelle qui aide les organisations à renforcer leurs gouvernances, leurs politiques internes, leurs mécanismes de gestion des ressources humaines ainsi que leurs programmes et services afin qu’ils puissent répondre au mieux aux besoins de tous et de toutes ». Le Burundi a enregistré des avancées significatives et remarquables dans la promotion de l'égalité des genres, avec l’adoption du Code Pénal de 2017, de la loi spécifique sur les VBG de 2016, et de la Politique Nationale Genre 2012-2025. Ces instruments législatifs et politiques démontrent une volonté claire du gouvernement de progresser en la matière. « Cette certification pour nous n’est pas une finalité en soi. Elle représente plutôt une preuve que la transformation institutionnelle en faveur de l’égalité des genres est une réalité au Burundi », a ajouté M. Mfouatie, appelant chacun à devenir un acteur de changement pour pérenniser ces efforts.
Les avancées et les défis de l'égalité
Des progrès significatifs et remarquables ont été enregistrés au Burundi ces dernières années concernant la promotion des droits des femmes et des filles. Ces avancées témoignent d'une reconnaissance croissante de l'importance de l'égalité des genres pour le développement du pays. Elles sont le fruit d'un engagement politique et de l'action de diverses parties prenantes.
Malgré ces évolutions positives, des inégalités d'accès aux ressources économiques, aux opportunités professionnelles, aux instances de décision et aux services demeurent une préoccupation et une réalité pour les femmes et les filles au Burundi. Ces disparités continuent de freiner leur pleine participation à la vie sociale et économique, limitant ainsi le potentiel de développement global du pays.
Le gouvernement du Burundi a également créé un département spécifiquement dédié à la prévention des violences basées sur le genre. Cette initiative institutionnelle vise à renforcer la lutte contre ces violences et à mieux protéger les victimes, en reconnaissant l'urgence de s'attaquer à ce fléau. La mise en place de cette structure témoigne d'une prise de conscience accrue des défis persistants.
Les femmes burundaises continuent de faire face à des contraintes particulières en matière d'accès aux ressources productives, aux opportunités économiques, à certains services essentiels et aux instances de décision. Ces obstacles limitent leur autonomisation et leur capacité à exercer pleinement leurs droits, entravant ainsi leur contribution potentielle au développement national. Ces défis sont complexes et nécessitent des approches multidimensionnelles pour être surmontés.
Les inégalités affectent souvent de manière plus sévère les femmes vivant en milieu rural, les jeunes filles, les personnes handicapées et d'autres groupes vulnérables, accentuant ainsi les disparités existantes et rendant plus complexes les efforts pour atteindre une égalité complète. Ces groupes font face à des barrières supplémentaires, qu'elles soient géographiques, socio-économiques ou liées à des discriminations spécifiques, nécessitant des interventions ciblées et inclusives.
Le Pnud et le Gender Seal : un outil stratégique pour l'égalité
Ces sessions de sensibilisation se sont déroulées du 16 au 18 juin 2026 à Bujumbura. Le Pnud, pour sa part, positionne l'égalité des genres au centre de son action. Il utilise à cet effet le Gender Seal, qu'il présente comme un instrument innovant et stratégique destiné à accompagner les organisations dans l'évaluation, l'amélioration et la reconnaissance de leurs performances en matière d'égalité des genres. Ce programme est conçu pour être un catalyseur de changement, permettant aux institutions de mesurer leurs progrès et d'identifier les domaines nécessitant des améliorations.
Le programme du Pnud au Burundi a obtenu la médaille d'or lors du cycle de certification Gender Seal pour la période 2021-2023. Cette certification est considérée comme l'un des plus hauts niveaux de reconnaissance à l'échelle mondiale pour le programme du Pnud. Elle témoigne des efforts déployés par le PNUD Burundi en faveur de l'égalité des sexes au sein de ses propres opérations et de ses partenariats. Cette distinction valide l'approche du Pnud et son engagement concret à promouvoir l'égalité des genres non seulement dans ses projets, mais aussi dans sa propre structure organisationnelle.
Le Gender Seal est un outil précieux pour les organisations souhaitant intégrer pleinement l'égalité des genres dans leur culture et leurs opérations. Il fournit un cadre structuré pour l'auto-évaluation, la planification d'actions correctives et la reconnaissance des réalisations. En adoptant ce processus, les institutions peuvent non seulement améliorer leur performance interne, mais aussi renforcer leur impact externe en matière de développement inclusif. Le Pnud s'engage à continuer d'appuyer les partenaires burundais dans l'adoption et la mise en œuvre de cette certification.
Bénéfices pour les institutions et la société : un développement inclusif
La vision du gouvernement du Burundi pour le développement repose sur la conviction que le plein épanouissement du pays nécessite une participation égale des femmes et des hommes aux processus économiques, sociopolitiques et institutionnels. Cette conviction est au cœur de la stratégie nationale et guide les efforts pour une société plus équitable. Pour les institutions publiques, l'égalité des genres renforce l'efficacité des politiques publiques, améliore la qualité des services aux citoyens et favorise une gouvernance plus inclusive. Des politiques sensibles au genre sont plus aptes à répondre aux besoins diversifiés de la population et à garantir une distribution équitable des bénéfices du développement.
Dans le secteur privé, l'égalité des genres contribue à l'amélioration des performances organisationnelles, à l'innovation, à l'augmentation de la productivité, à l'attraction des talents et à la réputation des entreprises. Les entreprises qui adoptent des pratiques équitables en matière de genre bénéficient d'une main-d'œuvre plus diversifiée, d'une meilleure prise de décision et d'une plus grande satisfaction des employés, ce qui se traduit par des avantages concurrentiels significatifs. Une culture d'entreprise inclusive est également un facteur clé pour attirer et retenir les meilleurs talents.
Pour les organisations de la société civile, le processus du Gender Seal renforce la crédibilité institutionnelle, la qualité des interventions et l'impact des actions auprès des communautés. En intégrant l'égalité des genres dans leurs programmes et leur gouvernance, ces organisations peuvent mieux répondre aux besoins spécifiques des femmes et des hommes, et ainsi maximiser leur contribution au changement social. Leur rôle est clé pour sensibiliser, mobiliser et plaider en faveur des droits des femmes et des filles.
Le Burundi aspire à devenir une nation émergente d'ici 2040 et une nation développée d'ici 2060, en se fondant sur la valorisation de son capital humain. Cette ambition ambitieuse est intrinsèquement liée à la pleine participation de tous les citoyens. L'intégration du genre est perçue comme la responsabilité de l'ensemble des ministères, des institutions publiques et des secteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques publiques, et non pas seulement du ministère en charge du genre. Cette approche transversale est essentielle pour garantir que l'égalité des genres soit une considération systématique à tous les niveaux de la gouvernance et du développement.
Appels à l'action et vision future : consolider les acquis et surmonter les obstacles
Le message central des discussions a rappelé qu'aucune société ne peut atteindre un développement durable en laissant de côté une partie de sa population. Jacques Ndihokubwayo, conseiller au ministère de la Justice, des Droits Humains et du Genre, a souligné que l'égalité des genres représente un élément essentiel de stabilité sociale et de force institutionnelle. « Cette ambition exige que chaque citoyenne et chaque citoyen puisse accéder équitablement aux opportunités, aux ressources et aux services publics », a-t-il précisé. Il a également mis en lumière l'importance d'une approche holistique pour aborder les questions de genre.
Les participants ont salué les progrès réalisés en matière d'égalité des genres, tout en exprimant des critiques sur la non-application des lois existantes. Cette observation note la nécessité de renforcer les mécanismes de mise en œuvre et de suivi pour que les avancées législatives se traduisent par des changements concrets sur le terrain. Ils ont appelé à une sensibilisation et une formation continues sur les questions sensibles liées au genre, reconnaissant que la compréhension et l'acceptation de ces principes sont fondamentales pour un changement durable des mentalités et des pratiques.
M. Ndihokubwayo a également insisté sur le fait que « L’intégration du genre n’est pas la responsabilité exclusive du seul ministère en charge du genre. Elle est l’affaire de tous les ministères, de toutes les institutions publiques et de tous les secteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques publiques ». Cette intégration doit devenir une composante essentielle de l'action publique, en considérant les aspirations des femmes et des hommes dès la conception des politiques et des législations. Une telle approche garantit que les politiques publiques sont inclusives et répondent aux besoins de l'ensemble de la population. Les participants ont par ailleurs relevé le manque de budget pour le fonctionnement des unités genre au sein des ministères sectoriels, un obstacle majeur à l'efficacité des efforts d'intégration du genre. Il est impératif de doter ces unités des ressources nécessaires pour qu'elles puissent remplir pleinement leur mandat.
Les sessions de sensibilisation et la présentation du Gender Seal ont réaffirmé l'engagement du Burundi et de ses partenaires envers l'égalité des genres comme pierre angulaire du développement durable. Si des avancées notables ont été réalisées, des défis importants subsistent, notamment en matière d'accès aux ressources et d'application des lois. La poursuite des efforts concertés, le renforcement des capacités et l'allocation de ressources adéquates sont essentiels pour transformer les aspirations en réalité et garantir que personne n'est laissé pour compte dans la marche du Burundi vers une nation émergente et développée.