Les évêques catholiques du Burundi appellent à une augmentation urgente des salaires des catéchistes face à la crise économique

ACI Africa
Photo: Radio Maria Burundi via News

Les membres de la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi (CECAB) ont lancé un appel pour une augmentation urgente des salaires des catéchistes. Cet appel, motivé par la détérioration des conditions économiques et l'augmentation du coût de la vie dans le pays, a été formulé à l'issue de leur Assemblée Plénière Ordinaire. La CECAB a publié un communiqué officiel à la suite de cette réunion, qui s'est tenue au Centre National Interculturel Oasis de Paix et de Réconciliation (CINOPR) à Kiriri. Ce communiqué, détaillant la position des évêques et leurs préoccupations, a été partagé avec ACI Africa le vendredi 19 juin 2026. La Conférence des Évêques Catholiques du Burundi note avec insistance la nécessité de soutenir financièrement les catéchistes, acteurs fondamentaux de la transmission de la foi, face aux défis économiques croissants qui affectent l'ensemble de la population burundaise. Les évêques ont mis en lumière la situation précaire de ces derniers, dont la rémunération peine à suivre l'inflation galopante et le coût de la vie en constante augmentation.

Détails de l'assemblée et des constats économiques

Lors de leur Assemblée Plénière Ordinaire, les membres de la CECAB ont examiné en profondeur la possibilité de réviser la rémunération des catéchistes. Après délibérations, ils ont unanimement convenu de la nécessité impérieuse d'un ajustement à la hausse de leurs salaires. Cette décision reflète une prise de conscience collective de la part des prélats face aux difficultés rencontrées par ces serviteurs de l'Église. Les évêques ont dressé un tableau préoccupant de la situation économique nationale, constatant notamment de mauvaises récoltes. Ces mauvaises récoltes sont attribuées à une pluviométrie irrégulière ayant affecté de manière significative l'agriculture nationale, pilier de l'économie burundaise et source de subsistance pour une grande partie de la population. Les conséquences de ces phénomènes météorologiques imprévisibles se font sentir sur la disponibilité et le prix des denrées alimentaires de base.

Au-delà des aléas climatiques, les évêques ont également relevé des retards persistants dans la distribution des engrais chimiques. Cette situation est d'autant plus alarmante qu'elle concerne même les agriculteurs ayant effectué des paiements anticipés, ce qui soulève des questions sur l'efficacité des chaînes d'approvisionnement et la gestion des intrants agricoles. Ces retards ont un impact direct sur les rendements agricoles et, par extension, sur la sécurité alimentaire du pays. La CECAB a déploré la détérioration avancée de la plupart des routes du pays, soulignant l'impact négatif de cette dégradation des infrastructures sur le transport des biens et des personnes, entravant ainsi le développement économique et social. Des routes en mauvais état augmentent les coûts de transport, réduisent l'accès aux marchés pour les agriculteurs et limitent la mobilité des citoyens, y compris celle des catéchistes dans l'exercice de leurs fonctions pastorales.

Un autre sujet de préoccupation majeur exprimé par les prélats concerne "la persistance de la pénurie de carburant". Cette pénurie continue d'entraver gravement les activités économiques à travers tous les secteurs, de l'agriculture au commerce, et perturbe considérablement la vie quotidienne des Burundais. Les transports sont affectés, les prix augmentent et les services essentiels peinent à fonctionner normalement. Ils ont également fait part de leur inquiétude profonde face à la rareté continue de produits essentiels, notamment les médicaments et les denrées alimentaires, affectant directement la santé et le bien-être de la population. Cette pénurie généralisée crée des difficultés supplémentaires pour les ménages et met en péril la stabilité sociale. Les évêques ont en outre mis en lumière le départ continu de jeunes et de professionnels qualifiés du Burundi, un phénomène qui représente un défi majeur pour le développement futur du pays. Cette fuite des cerveaux et des forces vives prive le Burundi de compétences essentielles pour sa croissance et son innovation. Le dernier ajustement de la rémunération des catéchistes, une information clé pour comprendre l'urgence de la situation actuelle, remonte à 2021, ce qui signifie que leurs salaires n'ont pas été adaptés à l'inflation et à l'augmentation du coût de la vie depuis plusieurs années.

Préoccupations socio-politiques et judiciaires

Les évêques burundais ont également soulevé des questions d’ordre socio-politique, interrogeant la légalité et la conformité de certaines pratiques avec les principes démocratiques et constitutionnels. Ils ont ainsi mis en doute la conformité avec la Constitution de la République du Burundi concernant l'obligation faite aux citoyens de contribuer financièrement à des partis politiques dont ils ne sont pas membres. Cette pratique, selon la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi (CECAB), pourrait contrevenir aux principes fondamentaux du pays en matière de liberté d'association et de respect des droits individuels. La déclaration des évêques, émise après leur Assemblée Plénière Ordinaire, note une préoccupation grandissante quant au respect des droits individuels et des libertés constitutionnelles dans le contexte politique actuel du Burundi, appelant à une clarification et à une rectification de cette situation.

Les prélats ont exprimé leur inquiétude face à la situation du système judiciaire burundais. Ils ont fait état de préoccupations sérieuses concernant des affaires criminelles restées non résolues, ce qui peut engendrer un sentiment d'impunité et de méfiance au sein de la population. À cela s'ajoutent des irrégularités observées dans l'application de la justice, qui sapent la confiance des citoyens dans l'État de droit. La CECAB a souligné avec force l'importance clé d'un système judiciaire transparent, équitable et impartial pour la stabilité, la cohésion sociale et le développement harmonieux du pays, appelant à une attention particulière et à des réformes concrètes pour remédier à ces dysfonctionnements. Les évêques ont insisté sur le fait qu'une justice saine est un pilier indispensable pour toute société juste et pacifique.

Autres décisions et orientations pastorales

En marge de ces appels urgents et de ces constats préoccupants, les évêques catholiques du Burundi ont par ailleurs validé un nouveau document catéchétique. Ce document est destiné à renforcer et à actualiser l'enseignement religieux au sein de l'Église, offrant des outils pédagogiques modernes et adaptés aux réalités contemporaines. Cette décision s'inscrit dans un effort continu d'actualisation des outils pastoraux mis à la disposition des fidèles et, en particulier, des catéchistes, dont le rôle central dans la transmission de la foi et la formation des jeunes générations est régulièrement souligné par la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi (CECAB). L'approbation de ce document est une étape significative pour l'orientation doctrinale et pédagogique de la communauté catholique burundaise, visant à assurer une catéchèse pertinente et vivante.

Les prélats ont également entériné une feuille de route détaillée visant à optimiser la gestion et la rentabilité des biens ecclésiastiques. Cette initiative répond à un besoin pressant d'assurer la pérennité financière des activités de l'Église dans un contexte économique difficile, où les ressources sont de plus en plus contraintes. La mise en œuvre de cette feuille de route pourrait impliquer des stratégies innovantes pour mieux valoriser les ressources matérielles et immobilières de l'Église, afin de soutenir efficacement ses œuvres sociales, caritatives et pastorales. Les évêques, dans leurs travaux, cherchent ainsi à garantir que les actifs de l'Église soient gérés de manière efficiente, transparente et responsable pour le bien de la communauté catholique et de la société burundaise dans son ensemble, permettant à l'Église de poursuivre sa mission avec les moyens nécessaires.