Au moins onze cas de « trafic d'enfants mineurs » ont été enregistrés en quelques semaines, suscitant une vive inquiétude en Ouganda. Ces incidents alarmants ont eu lieu au camp de réfugiés de Nakivale, situé dans le sud-ouest du pays. Face à ces révélations, les autorités ougandaises ont rapidement ouvert une enquête. Le camp de Nakivale est reconnu comme l'un des plus anciens et des plus grands camps de réfugiés d'Ouganda, accueillant des populations déplacées de plusieurs pays de la région. Il est d'ailleurs considéré comme l'un des plus grands camps de réfugiés de la région, hébergeant plus de 150 000 réfugiés provenant de plus d'une douzaine de nationalités différentes.
Des mineurs ciblés pour l'exploitation
Les victimes présumées sont des enfants âgés de 12 à 16 ans, principalement issus de familles de réfugiés. Selon des témoignages recueillis, ces mineurs sont « recrutés » puis envoyés vers différentes régions de l'Ouganda et à l'étranger. Les destinations mentionnées incluent le Kenya, la Tanzanie et le Rwanda. Ces enfants sont expédiés sous le prétexte de chercher du travail, une promesse souvent fallacieuse masquant des intentions d'exploitation. Un suspect arrêté est notamment soupçonné de trafic d'êtres humains impliquant deux mineurs, mettant en lumière la nature criminelle de ces agissements.
Un camp de réfugiés sous pression
Les cas de trafic d'enfants se sont produits spécifiquement dans le village de Kabazana, la localité la plus peuplée du camp de réfugiés de Nakivale. La pauvreté généralisée et les conditions de vie difficiles au sein du camp sont citées comme les principales causes de ce phénomène, rendant les familles vulnérables aux promesses des trafiquants. Nakivale est considéré comme l'un des plus grands camps de réfugiés de la région, accueillant plus de 150 000 réfugiés de plus d'une douzaine de nationalités. La communauté burundaise y est estimée à plus de 33 000 personnes, constituant une part significative de la population du camp. Le camp est situé dans le district d'Isingiro, une zone frontalière proche de la Tanzanie. Le district d'Isingiro est reconnu pour son importante activité agricole, notamment la production de bananes et de café, ainsi que l'élevage de bétail. Cette dynamique économique attire également des travailleurs sans papiers, ce qui complexifie le contrôle des mouvements de population et offre des opportunités aux réseaux de trafiquants.
Réactions et mesures des autorités
Les autorités locales qualifient la situation de préoccupante et ont annoncé l'ouverture d'enquêtes approfondies. La police et l'administration du camp ont lancé des investigations à grande échelle pour identifier et appréhender les responsables. Un des présumés « guides » a été arrêté par les forces de l'ordre. Le dossier de ce suspect a été rapidement constitué avant son transfert en détention, marquant une première étape dans la lutte contre ce réseau.
Les autorités rappellent aux familles l'importance clé de signaler toute disparition suspecte de mineurs. Des mesures de sécurité ont été mises en place pour tenter de freiner les départs jugés suspects et protéger les enfants vulnérables. Aucun mineur n'est désormais autorisé à quitter seul le camp sans l'autorisation parentale ou de son tuteur légal, une mesure visant à renforcer la surveillance. Des opérations de contrôle sont régulièrement menées dans les zones environnantes du camp pour intercepter toute tentative de trafic.
Appels à la vigilance et enquêtes en cours
Plusieurs suspects ont déjà été arrêtés et traduits en justice dans le cadre de ces affaires de trafic. Onze cas ont été signalés à la police du village de Kabazana en moins d'un mois, soulignant l'ampleur et la rapidité du phénomène. Le suspect arrêté aurait évoqué des complicités à l'intérieur et à l'extérieur du camp lors de son interrogatoire, suggérant l'existence d'un réseau organisé. Les autorités locales poursuivent activement leurs investigations afin de démanteler ce qui pourrait être un réseau organisé de trafic d'êtres humains agissant dans la région. Elles reconnaissent la difficulté de contrôler pleinement les mouvements dans un camp ouvert et non clôturé, ce qui rend la tâche d'autant plus ardue mais nécessaire.